« Selon la conception néoclassique traditionnelle, le capital est vu plus précisément comme un des facteurs de production, soit un ensemble de ressources reproductibles dont l’emploi permet […] d’accroître la productivité du travail humain. [...]
Dans ce sens, nous dit [Marx], “les moyens de production matériels (machines, etc.) ne sont pas par nature du capital, ils ne le deviennent que lorsqu’ils sont mis en œuvre par des travailleurs salariés et qu’ils permettent de dégager de la plus-value” (Marx, Le Capital), et donc du profit. Pour lui, toute la question est de savoir d’où vient ce profit, autrement dit cette plus-value. À ses yeux, elle a pour origine le fait que les capitalistes ne paient pas la totalité de la valeur que les salariés produisent par leur travail. »
«La “soif d’acquérir”, la “recherche du profit”, de l’argent, de la plus grande quantité d’argent possible, n’ont en eux-mêmes rien à voir avec le capitalisme. […] L’avidité d’un gain sans limite n’implique en rien le capitalisme, bien moins encore son ”esprit”. Le capitalisme s’identifierait plutôt avec la domination, à tout le moins avec la modération rationnelle de cette impulsion irrationnelle. Mais il est vrai que le capitalisme est identique à la recherche du profit, d’un profit toujours renouvelé, dans une entreprise continue, rationnelle et capitaliste – il est recherche de la rentabilité. Il y est obligé. Là où toute l’économie est soumise à l’ordre capitaliste, une entreprise capitaliste individuelle qui ne serait pas animée par la recherche de la rentabilité serait condamnée à disparaître.»
«Le monde capitaliste n’a pas surgi ex nihilo remplaçant de but en blanc le monde médiéval. La firme capitaliste, les institutions et les pratiques fondamentales du capitalisme, comme le crédit ou le commerce, existaient déjà dans le monde antique (Schumpeter, 1946, p. 189). Le capitalisme démarre dans des îlots, des poches, et non dans l’ensemble de la société. Ses caractéristiques sont déjà présentes dans « l’ancien monde » et notamment dans le monde gréco-romain : « Il y avait des usines produisant pour des marchés ; il y avait des banques et des marchands qui faisaient du commerce international. Les bouleversements et les dévastations accompagnant la chute de l’empire romain de l’ouest ne détruisirent pas entièrement le commerce capitaliste et les manufactures » (Schumpeter, 1946, p. 189).»
« À l’intérieur du monde médiéval, les obstacles sont multiples : les corporations limitent les innovations ainsi que la production et déploient un cadre réglementaire imposant (Schumpeter, 1954, I, p. 254). Néanmoins, l’initiative reste possible : des individus dotés “d’une énergie supranormale” savent s’affranchir des réglementations des guildes, en allant s’installer en dehors de villes où leur poids était trop important (Schumpeter, 1946, p. 190). Les raisons de ce comportement résident dans la recherche de prestige, d’une mobilité sociale ascendante, en se consacrant à la fonction sociale la plus adéquate, la plus valorisée du moment […] »
«Les principales avenues conduisant vers la promotion sociale et les gros revenus consistaient dans l’Église (presque aussi accueillante tout au long du Moyen Age qu’elle l’est de nos jours) et aussi dans la hiérarchie des seigneurs militaires – parfaitement accessible, jusqu’au XIIe siècle, à tout homme physiquement et moralement qualifié, et qui ne s’est jamais complètement fermée ultérieurement. Cependant les capacités et les ambitions hors série ne commencèrent à se diriger vers une troisième avenue, celle des affaires, qu’à partir de l’époque où se révélèrent les chances ouvertes aux entreprises capitalistes – d’abord commerciales et industrielles, puis minières, enfin industrielles.» (Schumpeter, 1947).
La privatisation fait partie des politiques que l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque Mondiale (BM) travaillent à implanter à l’échelle de la planète.
Essentiellement, ces politiques visent :
bref, à privatiser les profits tout en socialisant les pertes.
Depuis les années 1970, et à plus forte raison depuis les années 1980 et 1990, un certain nombre de tendances néolibérales se sont imposées dans les orientations du capitalisme libéralisé, pavant la voie à la naissance des géants du numérique qui dominent aujourd'hui l'économie mondiale financiarisée.
Début de la dérégulation des secteurs de l’information et de la communication avec l’arrivée de Ronald Reagan au pouvoir. En 1985, une entreprise pourra détenir jusqu’à douze chaînes (contre sept en 1981).
Sous l’impulsion du président Reagan, la Commission fédérale des communications (FCC) abroge le principe d’impartialité dans les médias (lire « Le principe d’impartialité »).
Le président William “Bill” Clinton signe le Telecommunications Act, qui abolit les restrictions en matière de concentration dans le secteur radiophonique. Le nombre de propriétaires baissera de 25% en cinq ans.
Etats-Unis. Chute des valeurs de la « nouvelle économie », liées aux secteurs de l’informatique et des télécommunications, à Wall Street (« bulle Internet »).
Conséquence directe de la déréglementation des secteurs financiers, la crise des «subprimes» (surprimes) frappe durement l’économie américaine, entraînant des effets sur l’ensemble de l’économie mondiale.
À partir de la fin des années 1970, la propriété des entreprises se déplace : autrefois liée à des individus (entrepreneurs) et souvent administrée de manière familiale, la gestion de la propriété des entreprises est désormais de plus en plus confiée à des spécialistes du management. Ceux-ci représentent les intérêts des actionnaires, dont l’objectif principal est la rentabilité.
Le rôle des banques et du crédit, des marchés boursiers, ainsi que des firmes d’assurances ou d’investissement croît considérablement durant cette période :

La mondialisation se caractérise par l’extension des relations et des échanges internationaux et transnationaux à l’échelle du monde, favorisée par la croissance de la rapidité des transports et des communications.
La mondialisation de l’économie repose sur la libre circulation des biens et des capitaux entre les pays et sur la capacité des entreprises à développer et soutenir des activités dans des marchés étrangers afin de créer de nouveaux débouchés.
Empruntant au nom de l’entreprise états-unienne Uber qui a littéralement écrit les règles de ce phénomène, l’ubérisation se caractérise par six tendances spécifiques au capitalisme contemporain, construisant sur les tendances en place :
Ce contexte très changeant est par ailleurs marqué par le renforcement d’un type de travailleur, travaillant par projet et intermittence. Plusieurs auteurs en parlent comme étant un travailleur 2.0, ou encore un travailleur nomade. On retrouve cette forme de travail dans des réseaux particuliers tels que ceux de l’innovation ouverte (peer production, peer-to-peer ou P2P) (Chesbrough, 2003 ; Yagoubi, Tremblay, 2017b) ou des réseaux de l’économie collaborative et de partage. Toutefois ces statuts de travailleurs sont souvent critiqués, car souvent ce type de travailleur garde un statut précaire sans avantages sociaux. Dans le cas de l’ubérisation du travail, le travailleur s’inscrit dans une économie dite collaborative ou de partage, mais la notion de partage prend un sens bien particulier […]
D'après l’idéologie portée par les discours liés à ce nouveau capitalisme, on devrait s'attendre à :
Au lieu de cela, on assiste à
Au cours des 25 dernières années, les industries de la culture et des communications sont passées de la périphérie au centre de l’activité économique dans plusieurs pays un peu partout dans le monde.