En 1948, l’industrie canadienne de fabrication de téléviseurs est officiellement lancée.
Le défi qui se pose pour le gouvernement et les industriels est double :
L'auditoire de la télévision s'accroît de 4 000 pour cent cette année-là, progrès qui s'explique par l'augmentation spectaculaire des stations de télévision et par le fait qu'on compte maintenant un million de ménages américains possédant un téléviseur.

C’est le 6 septembre 1952 que le rideau s’ouvre à Montréal. Mais déjà, dans les coulisses, on s’affaire depuis 1949. Les décors sont plantés, metteurs en scène, acteurs, machinistes, etc. s’agitent. A l’entrée c’est, toutefois, loin encore d’être foule.
Le 29 décembre 1958, les 74 réalisateurs de Radio-Canada à Montréal s'engageaient dans un conflit de reconnaissance syndicale qui, très rapidement, prit des dimensions politiques en mettant en évidence le problème des «deux solitudes» qui coexistaient au Canada.
Le 2 mars 1959, la brigade à cheval de la police de Montréal charge et matraque les participants d’une manifestation d’appui à la grève. Des grévistes sont emprisonnés.
Parmi ceux-ci se trouvent des vedettes comme Jean Duceppe, Georges Dor et René Lévesque.
Le chef de la police de Montréal, Albert Langlois, justifie la sévérité de la répression en invoquant un complot pour envahir l’édifice de la Société de la Couronne.
Il se couvre de ridicule et est même rabroué publiquement par le maire de Montréal.
Par ailleurs, la grève des réalisateurs se transforme rapidement en crise politique.

Nous ne pouvons pas courir le risque de nous voir en quelque sorte dépossédés des pouvoirs qui nous appartiennent en matière d’éducation et de culture, faute d’être en mesure de les exercer par les moyens les plus modernes et les plus efficaces.
Le contexte politique des années 1980 est marqué par des gouvernements conservateurs. Le contexte économique par la libéralisation des ondes, soutenue par les technologies de télédistribution.
Le marché télévisuel explose et la gestion publique est de plus en plus remise en cause.
L'idée du «service public» évolue. En 1991, le gouvernement du Canada désigne trois secteurs chargés de répondre à l'intérêt public à travers la télédiffusion :
La compétition entre les réseaux de télévision s’intensifie tout au long des années 1990 alors que les diffuseurs investissent massivement dans la production d'émissions grand public susceptibles d’attirer de vastes auditoires et de maximiser leurs parts de marché.
Les grandes tendances économiques des années 1980-90 s’imposent de plus en plus dans le secteur des télécommunications et de la télédiffusion :
Ces tendances sont principalement portées par de grandes entreprises solidement implantées dans le secteur, comme Bell ou Rogers. Les entreprises de télédistribution, en particulier, renforcent leur pouvoir en recourant à l’intégration verticale, en acquérant des compagnies de production et des chaînes de télévision, et à la diversification de leurs activités, notamment en investissant dans d’autres secteurs des communications tels que la presse écrite ou l’affichage publicitaire.
Au début des années 2000, face à l'arrivée de nouveaux services et la concurrence grandissante des programmes venus des États-Unis ou de l'international (télévision par satellite, par internet, portails, etc.), les chaînes de télévision cherchent à maintenir de larges audiences tout en réduisant leurs coûts de production.
La taille et le nombre des grands téléromans et des séries à forte intensité budgétaire diminuent, tandis que les diffuseurs misent de plus en plus sur les émissions de variétés, la téléréalité et les événements sportifs pour attirer les téléspectateurs.
Parallèlement, l’attrait de la télévision traditionnelle diminue pour les annonceurs, notamment en raison de la généralisation des enregistreurs numériques personnels et de l’essor des pratiques de consommation non linéaire, qui réduisent l’exposition aux messages publicitaires.
Au 21e siècle, la télévision est de plus en plus caractérisée par la diffusion transnationale de formats. La déréglementation massive des systèmes audiovisuels, la multiplication des chaînes ainsi que l'augmentation des heures de diffusion ont encouragé la pratique d’adaptation ou de création de remakes, celle-ci consistant à acheter les droits d’exploitation d'un concept ou format étranger afin de produire une version locale. Pour les producteurs et diffuseurs, l'adaptation permet une diminution des coûts, des risques financiers et une relative assurance de succès. L'adaptation permet aussi d’offrir un contenu local(isé), souvent préféré par les téléspectateurs. Dans ce contexte, l’industrie québécoise s’ouvre elle aussi de manière grandissante aux marchés internationaux. La qualité et l’originalité reconnues des fictions télévisuelles made in Quebec ont contribué à leur achat de plus en plus fréquent par des producteurs étrangers à des fins d' adaptation.